Gaspillages à tous les étages

Effiskipper, a retenu deux thèmes édifiants et intéressants dans le cadre de nos activités : le gaspillage autour du médicament, et les efforts des salariés absorbés par « les besoins de l'organisation ». Ces deux thèmes montrent combien il est urgent d'inventer de nouveaux futurs, de penser d'autres «possibles».

En période de vaches maigres, il est de bon sens de faire attention à son train de vie et à éviter les gaspillages, sujet qui est cher à l'esprit Effiskipper. Ces dernières années, dans la majorité de nos pays européens, le contrôle des dépenses publiques a été un thème particulièrement obsessionnel sans que nous arrivions à en voir l'issue, mais dont les effets ne peuvent que trop rarement être perçus comme des progrès.  Dans son numéro de novembre 2013, le magazine L'expansion publiait un dossier sur les gaspillages de tous ordres : argent public, alimentation, médicaments, hautes technologies, consommation, énergie...

Effiskipper, a retenu deux thèmes édifiants et intéressants dans le cadre de nos activités : le gaspillage autour du médicament, et les efforts des salariés absorbés par « l'organisation » des entreprises. Ces deux thèmes montrent combien il est urgent d'inventer de nouveaux futurs, de penser d'autres « possibles ».

 

Le médicament à « coût » de milliard d'Euros

Un sondage Cyclamed (organisme chargé de la collecte et de la destruction des médicaments inutilisés et rapportés dans les officines) évalue la masse de comprimés, sirop et autres médicaments stockés dans nos armoires à 23 500 tonnes, soit prêt de 14% de la totalité des médicaments vendu chaque année en France. Ce gâchis représenterait près de 7 milliards d'Euros par an. A cela s'ajoutent les médicaments que les pharmacies hospitalières ont en stock sans avoir à les utiliser avant leur péremption. Cette somme représenterait jusqu'à 2% du budget annuel des pharmacies hospitalières soit près de 50 millions d'Euros.

La perle revient certainement à l'écart entre les quantités vendues aux patients du fait du conditionnement et les quantités prescrites. Tracer les produits tout au long de la chaine a permis une mesure précise de ce gaspillage (à hauteur de 80 millions d'Euros) auprès des maisons de retraite  (Francis Mergelin et al.). Les solutions ne sont certes pas simples ; du reste, c'est la compréhension des causes profondes de ces gaspillages qui devrait permettre d'avancer vers des solutions pérennes et fiables.

 

Quand l'entreprise consomme sa propre énergie

Un sondage réalisé en 2013 auprès d'une centaine de cadre par l'IHEE (Institut des Hautes Études de l'Entreprise) montre qu'un cadre passe en moyenne chaque jour, 3 heures et quart en réunion... pour moins de 60% d'entre elles jugées vraiment utiles. Une réunion pour être efficace doit évidemment être préparée, le temps moyen pour la préparer serait d'une heure et demi. En matière de communication l'activité email absorbe elle aussi un temps important, près de deux heures sont consacrés quotidiennement à la lecture d'emails dont 46% sont jugés sans intérêt. Une impression de « déjà lu » ? Relire notre chronique sur la gestion des emails...

Entre emails et réunion, un rapide calcul permet d'évaluer à trois heures et demi le temps et les efforts consacrés par un cadre à des activités de « communication » (réunions et courriels) jugées sans intérêt. C'est beaucoup.

Le tableau n'est jamais ni noir ni blanc, la réunionite est un phénomène complexe. En effet, qui n'a jamais eu le sentiment de perdre son temps en réunion, tout en en réclamant d'être mieux informé et plus impliqué. La clé ne se trouve certainement pas dans la quantité d'informations partagées ou des sujets abordés en réunion mais plutôt dans la qualité de ce qui doit l'être. Une piste pourrait être de définir les priorités, le degré d'importance des sujets à partager, et ce en fonction des attentes des collaborateurs et des objectifs de l'entreprise.

Cependant la complexité des organisations matricielles et tentaculaires rend la communication en leur sein très complexe et par voie de conséquence fort coûteuse (60,4 milliards d'euros/an estimés pour le seul abus de réunions). Ici aussi, pensons à rechercher les causes de ce gaspillage avant d'avancer trop vite vers des solutions. L'amélioration est à ce prix et nécessitera donc... quelques réunions !

 

Sources :

L'expansion - Novembre 2013

Sondage IHEE - du 20 septembre au 20 octobre 2013